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Où est-y Léthé, Léthé où est-y ? - Mictlanne Paris
Volumes en technique mixte, ouate, peinture, linogravure, sérigraphie, céramique, lumière leds
Son by Dada

Association pour l'estampe et l'art populaire
Paris

2017
 

Dans la religion aztèque, les âmes défuntes partent au Mictlán, neuvième sous-sol de l'inframonde. Les textes racontent qu'il ressemble au néant, ni lumière, ni bruit ... rien.
Nous, adeptes de la Grande Triple Alliance Internationale de l'Est, nous partirons au Mictlanne. Plus coloré que l'inframonde aztèque, plus froid que l'enfer chrétien, on y sera éternellement bien !


En 2009, j’étais invitée à réfléchir sur les imaginaires culturels et sur notre manière de regarder l'autre lors d’une résidence artistique à México. J’y ai alors réalisé une installation autour des notions de croyance et de religion, très particulières et très présentes dans le quotidien populaire mexicain.
Inspirée par la vision aztèque de la mort et alimentée par la culture populaire mexicaine contemporaine, j’ai créé l’inframonde d’une religion qui n’existe pas : la Grande Triple Alliance Internationale de l'Est.
Ce collectif artistique auquel j’appartiens et qui signe ses créations avec une croix à trois branches est alors devenu pour quelques semaines le dieu du Mictlanne au sein duquel cohabitent cœurs et têtes de mort, symbolisant le syncrétisme culturel et religieux mexicain, mais aussi plus largement, la mise en relation de plusieurs cultures, plusieurs regards sur le monde.

Huit ans plus tard, je suis invitée par l’Association pour l’estampe et l’art populaire à recréer cette installation à Paris.
Toujours aussi inspiré par le sacré, ce nouvel inframonde est encore largement habité par la culture populaire mexicaine comme la lucha libre, les monstres alebrijes, les piñatas, les papiers découpés, Superbarrio autant respecté que la Santa Muerte, la fête des morts et sa joie festive, etc. Cette Vanité contemporaine se jouent ainsi des symboles et des codes graphiques pour questionner notre existence dans le (supra)monde.
A l’image de cet univers multiple dans lequel nous vivons, je mélange et je cherche à décloisonner. Ainsi, chaque technique, idée et motif est mêlé, mis en relation, opposé aux autres ou parfois détourné. Dans des formats multiples, couture, broderie, sculpture, peinture, sérigraphie s’entremêlent et jouent ensemble : broderie sur volume, broderie à plat, couture sur papier, sérigraphie papier et textile, dessins sur textile, peinture et motifs imprimés, sérigraphie en pièce unique, etc.

Cette mise en scène au sein de laquelle les objets, les lumières et les sons communiquent, se répondent et entrent en relation, n’est finalement qu’un prétexte pour mettre en avant la richesse et le pouvoir de la mixité.
Le Mictlanne nous ouvre ainsi ses portes, brouillant les pistes entre réalité et fiction dans un contexte social et politique sensible et chaotique. Lequel, de l’inframonde ou du monde réel, est-il le plus infernal ?